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Son usage de cet espace ô combien personnel, dans quelle mesure il traduit ses valeurs et sa stratégie, ses convictions sur le devenir de l’environnement de travail… Le co-fondateur du leader de l’épargne en ligne se livre avec sincérité. Interview.

Antoine Delon, président de Linxea, nous reçoit dans son bureau situé au 4e étage du 58 avenue Hoche à Paris 8e pour un échange rare.

Vous, personnellement, où avez-vous travaillé pendant le premier confinement ?

Antoine Delon : En l’espace de deux jours, la plupart de nos salariés ont été équipés pour télétravailler mais quelqu’un devait rester au siège pour réceptionner le courrier. J’ai donc travaillé dans mon bureau pendant le premier confinement. Nous avons beau être une société digitale, une partie de nos clients correspondent avec nous par courrier postal. Cette expérience m’a permis de vivre la vie de mon équipe dédiée à la gestion de ces documents et de penser à différents axes d’amélioration. De manière générale, le premier confinement a été une période qui m’a permis de réfléchir à la stratégie et à l’avenir de notre société.

Quels enseignements avez-vous tiré de la crise sanitaire avec le télétravail forcé ?

Antoine Delon : Beaucoup de Français ont eu besoin de conseil sur la gestion de leur épargne et de leur patrimoine pendant les premiers mois de la crise sanitaire. Les banquiers n’étant pas équipés pour apporter des réponses, les épargnants se sont tournés vers nous. Notre service téléphonique a été très sollicité mais nous avons pu répondre à cette forte demande grâce à notre organisation dématérialisée. Au final, la notoriété de Linxea a grandi au cours de cette période.

Quid de l’impact sur l’environnement de travail ?

Antoine Delon : Nous sommes organisés par pôles chez Linxea : développement, marketing, gestion, communication… Contrairement aux idées reçues, les développeurs ont besoin d’être ensemble pour travailler et réfléchir tandis que les métiers plus traditionnels sont passés naturellement en télétravail. Aujourd’hui, nos collaborateurs du service client sont contents de se retrouver au bureau car la pression inhérente à leurs métiers est plus facile à gérer quand ils sont ensemble. 

Avez-vous changé vos habitudes ?

Antoine Delon : J’aime rencontrer mes interlocuteurs mais je me suis rendu compte lors des premiers confinements que certaines réunions pouvaient très bien être organisées à distance. J’ai donc réduit mes déplacements et ainsi optimisé mon temps de travail. Autre évolution, je propose désormais plus facilement des visioconférences aux candidats qui souhaitent nous rejoindre pour nouer un premier contact. Nos effectifs ont doublé en l’espace d’un an et demi pour atteindre 70 collaborateurs, ce n’est donc pas une évolution anodine.

"Mon bureau est aussi vivant que moi"

Où passez-vous le plus de temps durant votre journée de travail ?

Antoine Delon : Dans mon bureau. Je partage ce dernier avec mon associé, Yves Conan, et avec notre directeur financier. Nous partageons nos idées, prenons nos décisions ensemble… Pour autant la porte de notre bureau est toujours ouverte pour que les salariés puissent venir échanger avec nous si besoin.

Qu’est-ce que vous faites mieux dans votre bureau qu’ailleurs ?

Antoine Delon : Quand je dois étudier un document, préparer un pitch, écrire à quelqu’un… C’est dans mon bureau que je suis le mieux positionné. A contrario, ce n’est pas le meilleur endroit pour organiser des rendez-vous selon moi. Je préfère être en salle de réunion pour me mettre au même niveau que mon ou mes interlocuteurs. C’est plus agréable pour échanger.

Quels sont vos petites habitudes pour bien travailler dans votre bureau ?

Antoine Delon : Avoir mon associé Yves Conan à côté de moi, avoir un environnement informatique qui soit parfaitement opérationnel et avoir à portée de main toute l’information, que ce soit sous forme dématérialisée ou sur des supports imprimés.

Est-ce que vous diriez que votre bureau vous ressemble ? Pourquoi ?

Antoine Delon : Oui je pense qu’il me ressemble car, dès que nous avons un projet d’actualité, il concentre toutes les informations dont j’ai besoin pour réfléchir et prendre des décisions. Il est aussi vivant que moi et plus chaleureux que d’autres bureaux traditionnels grâce aux objets et aux photos qui s’y trouvent.

"J’ai installé dans mon bureau une photo de Yann Arthus-Bertrand qui symbolise tout l’état d’esprit de Linxea"

Avez-vous participé à son aménagement ?

Antoine Delon : Cela s’est fait naturellement. Les photos et les tableaux ont été installées au fur et à mesure de l’évolution de Linxea. Ce sont pleins de petits symboles qui me rappellent tous les matins les valeurs de l’entreprise, d’où nous venons, où nous souhaitons aller… D’autres éléments font références à mes passions en dehors de mon environnement professionnel.

Pouvez-vous nous décrire quelques-uns de ces éléments et leurs significations ?

Antoine Delon : J’ai notamment installé une photo en noir et blanc de Yann Arthus-Bertrand achetée lors d’une vente de charité. Elle représente un lionceau mordant le derrière d’un lion adulte. Ce cliché symbolise tout notre état d’esprit chez Linxea : nous nous identifions au lionceau qui s’attaque aux réseaux bancaires traditionnels pour gagner des parts de marché. Nous avons également plusieurs livres dont « The Obstacle is the Way » de Ryan Holiday. Cet ouvrage porte l’idée que les obstacles permettent de progresser et de faire avancer l’entreprise. Il m’aide à garder quotidiennement un esprit de combattant et ainsi à prendre les bonnes décisions.

Mon tapis de souris représente le parcours de golf de Payne’s Valley, un des plus beaux au monde. Penser à cet endroit me donne un shoot d’énergie supplémentaire à chaque fois. Nous avons également un exemplaire du disque Ludi de Christophe Chassol car j’adore cet artiste et nous l’avons produit. Nous avons également des œuvres d’art dont un faux lingot d’or d’Arik Levy qui est en lien avec notre métier consistant à faire fructifier l’épargne de nos clients.

Votre bureau incarne-t-il vos convictions sur l’environnement de travail et l’organisation de votre entreprise en général ?

Antoine Delon : Il incarne mes préoccupations actuelles. J’ai ainsi un exemplaire du magazine Challenges avec un dossier consacré à la bataille des retraites et aux convictions des candidats à la prochaine élection présidentielle sur le sujet. J’ai également un livre produit par Thiga sur les organisations orientées produit car nous allons basculer sur un mode product management plus fort dans les mois à venir chez Linxea. Concernant l’environnement de travail, nous ne cherchons pas à instaurer des règles spécifiques à partir du moment où chacun travaille bien. Personnellement, je ne fais pas de télétravail.

"Mon rêve absolu serait d’avoir un grand écran en face de mon bureau sur lequel je verrais en direct l’évolution de l’activité de Linxea"

En quoi vos bureaux retranscrivent la culture d’entreprise que vous souhaitez mettre en avant auprès de vos collaborateurs ?

Antoine Delon : Nos bureaux sont situés dans un quartier magnifique au 58 avenue Hoche à Paris 8e, un hôtel particulier de quatre étages. Nous pensions rester une dizaine d’années dans cet immeuble mais, en à peine deux ans, nous avons rempli tous les étages. Et avoir des bureaux sur différents paliers brident notre productivité. Les équipes du 2e étage communiquent peu avec celles du 3e et pas du tout avec celles du 4e. Ce fonctionnement en silo n’est pas en adéquation avec nos valeurs et notre ambition de développement pour la société. Nous aurions besoin au contraire d’un très grand plateau pour rassembler tous nos collaborateurs au même niveau, dans un quartier central afin de faciliter les trajets entre le domicile et le travail ainsi que l’organisation des rendez-vous avec les clients.

A quoi ressemblera votre bureau dans 5 ans ?

Antoine Delon : Je me projette dans un bureau que je partagerai toujours avec mon associé Yves Conan. Nous serons dans un open space, avec toujours les mêmes photos, les mêmes livres, les mêmes objets… Mais aussi de nouveaux totems à mesure que Linxea continuera à grandir. Mon rêve absolu serait d’avoir un grand écran en face de mon bureau sur lequel je verrais en direct l’évolution de l’activité de mon entreprise. Quant aux espaces de travail des collaborateurs, je souhaiterais aménager un environnement avec une identité très forte qui permettrait à toute personne franchissant le seuil de nos bureaux de savoir qu’il se trouve chez le leader de l’épargne en France. Pour autant, chaque collaborateur aura la possibilité de personnaliser son bureau pour se sentir comme chez lui.