Parmi les facteurs de changement, les enjeux de transformation du parc de bureaux existant, avec des reconversions de tout ou partie des bâtiments vers un usage résidentiel. En effet, depuis 2018, un mouvement a été initié par le gouvernement pour engager la transformation de bureaux en logements. L’Institut d’épargne immobilière (IEIF) prévoit que la montée en puissance du télétravail en Ile-de-France conduira dans les 10 prochaines années à un excès de 3,3 millions de m² de bureaux, soit 6,5% du parc. En parallèle les investisseurs institutionnels poursuivent leurs stratégies de diversification en augmentant leurs engagements sur les actifs résidentiels. À ce jour, 417 000 m2 de logements issus de la transformation de bureaux ont fait l’objet d’une demande de permis de construire.
Mais faire cohabiter des usages mixtes demande des partis-pris ambitieux selon Frédéric Mialet, architecte et auteur d’une étude sur la mixité fonctionnelle et la flexibilité programmatique publiée en 2011 : « Les enjeux n’ont pas vraiment changé depuis et intéressent toujours les municipalités. Le montage d’opérations avec un gros socle de commerces pose moins de problèmes que la mixité verticale bureaux / logements, laquelle n’a rien d’évident malgré quelques exemples récents. Il y a des difficultés techniques, oui, mais surtout des risques financiers. »
Mixer les lieux d’activités et d’habitat pour redynamiser les quartiers, générer de l’animation pour permettre l’installation de commerces et d’équipements publics, mutualiser les dépenses énergétiques avec un décalage des besoins de chauffage et d’électricité des bureaux et des habitations, en théorie, l’idée est vertueuse et séduisante.